Histoire des États du Soudan

Causes de la crise Nouba dans l’Etat du Sud Kordofan

Par Dr Omer M Shurkian - 29/10/2011

Introduction
On a fait l’hypothèse suivante : les Noubas dans l’état du Sud Kordofan, avec d’autres populations dans ce qu’on appelait en 1922 ‘Closed Districts’, ont été sujets à des ‘ injustices au cours de l’histoire et à l’époque contemporaine’. 

L’histoire de cette ‘marginalisation et de ces injustices’ a une telle étendue qu’elle couvre le temps d’avant et d’après l’indépendance du Soudan. Les ‘injustices actuelles’ d’autre part ont commencé avec la poussée des régimes nationalistes ; et ça continue de façon inexorable jusqu’à ce jour ce qui génère des dissensions exprimées ouvertement. C’est sur cette toile de fond que les activistes Noubas ont tenté de faire changer la situation à plusieurs reprises, mais ces efforts n’ont pas été entendus dû à l’opiniâtreté des autorités. La race a été un facteur décisif en politique et dans les politiques du Soudan, comme ailleurs, là où l’ethnie joue un rôle majeur dans les conflits politiques. Au Soudan, la politique peut être une question très sensible et émotionnelle. Et étrangement, cela donne aux gens une image déformée d’eux-mêmes, la race étant le critère de classification. Voilà donc le point de départ obligé pour l’étude d’événements qui se sont accumulés – à cause de la race – et qui ont poussé les Noubas à prendre les armes et à combattre après avoir épuisé tous les moyens pacifiques, y compris les lobbys politiques menés par leurs groupes de pression.

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Le Sud de l’Etat du Nil Bleu : histoire et populations

Par Christian DELMET - 29/10/2011

Le Sud de l’actuel Etat du Nil Bleu au Soudan fut intégré au Sultanat de Sennar (1504-1821) au plus tard entre la fin du XVIIe et le milieu du XVIIIe siècles avec l’installation d’aristocraties musulmanes à Guli, Keili et Fazoghli…chargées par les souverains Funj de se procurer des esclaves parmi les populations « païennes » des collines méridionales du Dar Funj (Hamaj, Ingessana, Burun), des confins éthiopiens ( Uduk,Berta, Gumuz..) et du Nord de l’actuel Etat du Haut-Nil au Soudan du Sud : Maban, Dinka… En réalité cette région  représente près des trois quarts de la superficie de l’Etat dont le Nord est majoritairement peuplé d’Arabes (Rufa’a, Kenana, Misselemiya) et de Fellata.  Encore plus durement razziées pendant l’occupation turco-égyptienne (1821-1885), et décimées  par les épidémies de variole et la famine, les petites tribus des collines isolées se reconstituèrent au début du XXe siècle, certaines en intégrant des groupes « détribalisés » et en adoptant la langue arabe. Acculturation, arabisation  et islamisation furent toutefois ralenties par l’interdiction faite dès 1926 aux Arabes de descendre sans autorisation au sud d’une ligne Renk-Guli-Roseires. Mieux protégés dans leur massif montagneux, les Ingessana réussirent à préserver leur langue et leur culture, d’autant mieux que tout prosélytisme chrétien ou musulman y fut interdit. Après la levée en 1945 du Décret de 1922 sur les zones d’accès restreint, des Arabes (Ga’aliyin, Kenana…)  se réinstallèrent dans la région, entraînant souvent la conversion à l’Islam de leurs partenaires locaux dans  le développement du commerce.

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