DROITS DE L'HOMME

Catastrophes humanitaires au Sud-Kordofan et à l'Etat du Nil Bleu - D'après les Nations Unies, 18,000 civils ont fui vers l'état d'Unité depuis le début des combats dans le Kordofan du sud. Le 2 décembre, selon MSF, de nouvelles vagues de réfugiés se sont enfuies de l'Etat du Nil Bleu vers le Sud-Soudan; 13000 réfugiés soudanais ont traversé la frontière pour échapper aux bombardements. L'un d'entre eux est arrivé à Doro au Sud Soudan, à 40 km de la frontière, après avoir marché huit jours. Selon lui, beaucoup d'autres sont sur le chemin. D'après un médecin soudanais MSF, quelques 8000 réfugiés sont sur la route. Ils souffrent de  malaria, de diarrhée, et de maladies respiratoires. Doro n'a pas encore de camp de réfugiés, elle a besoin d'eau pour boire, de vaccinations et de soins aux jeunes mères. Beaucoup de femmes enceintes sont sur le chemin. Les partenaires humanitaires estiment que le nombre de réfugiés pourrait doubler avant la fin de l'année si les combats se poursuivent dans le Sud Kordofan.

Les civils d'Unité, au Sud-Soudan, sont  bombardés par le Soudan (Reuters) .

Khartoum - 12 novembre – Dans les dernières semaines, le gouvernement soudanais a arrêté plus de 100 activistes de l’opposition dans Khartoum et sa périphérie. D’après Amnesty International, beaucoup d’entre-eux ont été torturés et ont subi de mauvais traitements pendant leur détention. Aucun porte parole de gouvernement n’était disponible pour commenter ces allégations. Parmi les personnes arrêtées, figuraient des membres du groupe d’opposition ‘La jeunesse pour le changement’, qui étaient en train de manifester, de façon pacifique, contre la hausse des prix alimentaires. Il y avait aussi un membre de 85 ans, affilié au parti interdit MLPS/Nord, ainsi que d’autres membres de partis d’opposition légaux.

À la suite d’une manifestation contre la hausse du prix de l’électricité et de l’eau, plus de 22 personnes furent arrêtées dans la ville de Masudiya, dans le sud de Khartoum. Parmi eux figuraient un handicapé mental qui fût battu pendant sa détention ainsi qu’un enfant de 13 ans qui reçût 20 coups de fouet (Amnesty International)

Darfour - Le 28 novembre, le juge Altyeb Alamin Elbashir de la cour criminelle spéciale du Darfour du nord a condamné à la peine de mort sept personnes et a ordonné leur crucifixion après leur exécution. Le but cette démonstration était d’attirer l’attention sur les crimes qu’ils avaient commis. Les condamnés à mort étaient affiliés au JEM (Mouvement pour la Justice et l'Egalité) et étaient mis en examen pour un vol de voiture datant du 3 mai 2010. La cour suprême de Khartoum ordonna un autre procès étant donnée la présence de mineurs dans le groupe des inculpés. Rappelons que la peine de mort est interdite pour les mineurs et que la comparution simultanée d’adultes et de mineurs à un procès est interdite. La peine de mort des mineurs est interdite par l’article 37 de la convention des droits de l’enfant dont le Soudan est un Etat garant. Cependant, la loi soudanaise permet encore de faire des exceptions dans le cas d’une ‘infraction sérieuse’. Dans le code soudanais, certains crimes (hudud) comme le vol à main armée sont soumis à la peine de mort.  

En violation des règles de la cour suprême, le nouveau procès eut lieu dans la cour criminelle spéciale du Darfour du nord. Les inculpés furent maintenus dans la prison de Shalla malgré des ordres qui indiquaient leur détention dans la prison de Nyala. Leur situation géographique empêcha les détenus d’entrer en contact avec leurs avocats et leurs familles et diminua le nombre de témoins qui auraient dû assister aux auditions.

Ce cas est un exemple de la stratégie du Congrès National qui consiste systématiquement  à utiliser la loi comme moyen d’oppression plutôt que de protection citoyenne (ACJPS).

Le 9 décembre, d'après des sources rebelles et indépendants, les forces de sécurité soudanaises ont ouvert le feu sur des prisonniers dans la prison de El-Fasher, qui deux jours auparavant avaient tenté d'empêcher l'exécution à mort de détenus rebelles. Le jeudi précédent, les autorités de la prison de Shalla (Darfour nord) avaient demandé l'exécution immédiate de 26 condamnés à mort. Les rumeurs sur de mise à mort ayant circulées quelques jours auparavant, les détenus se sont heurtés aux forces de sécurités afin d'empêcher le carnage du premier groupe de cinq condamnés. Au mois sept prisonniers ont été sévèrement blessés dans les affrontementss. De plus, d'après certaines sources, les gardes auraient ouvert le feu sur des manifestants. D'après le porte-parole du JEM Gibreel Adam Bilal, les autorités ciblaient uniquement les prisonniers. Après ces violences, les prisonniers ont été enfermés dans de petites cellules et n'ont reçu aucun traitement, d'eau ou de nourriture pendant plus de trois jours. À cela il ajouta que plus de 600 prisonniers étaient dans une situation sanitaire déplorable. La justice soudanaise a condamné de nombreux rebelles du JEM, du mouvement pour l'égalité et la libération (LJM) et de plusieurs factions du MLS. Lors du processus de Doha du 14 juillet de cette année, le Soudan a signé le document de paix de Doha qui l'oblige a considérer les membres de ces différents groupes comme des prisonniers de guerre. Nombre de ces rebelles devaient donc être amnistiés ou relâchés (Sudan tribune).

Simon Inazuma
Etudiant McGill

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